Biographie de Paul Misraki

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Auteur-compositeur, Paul Misraki (1908 - 1998) a connu de nombreux succès au cours d’une très longue carrière. Ancien de l’orchestre de Ray Ventura, il a notamment composé plusieurs succès populaires, tels que « Tout va très bien, Madame la Marquise », « Comme tout le monde », « Sur deux notes », « Insensiblement » ou bien encore « Ca vaut mieux que d’attraper la scarlatine ». A ce jour, nous avons recensé 1016 titres de chansons et 186 films.

Né à Constantinople, de parents français d’origine Italienne, Paul Misraki (Misrachi) se tourne très tôt vers la musique. Il commence à jouer du piano à l’âge de 4 ans et compose sa première valse trois ans plus tard, à l’âge de sept ans.

Il s’installe à Paris où il effectue ses études au lycée Janson-de-Sailly et consolide ses connaissances musicales auprès de Charles Koechlin. La découverte du jazz et de compositions inspirées de Cole Porter and George Gershwin vient compléter ses études de musique classique. Au début des années 1930, il rejoint l’orchestre de Ray Ventura qui, avec ses « Collégiens », commence une carrière originale de chef d’orchestre. L’orchestre à sketches de Ventura, dont les musiciens sont également comédiens et chanteurs, est très en vogue en France et compte de nombreux adeptes au Royaume-Uni. Misraki entre dans la troupe comme second pianiste et surtout comme compositeur-arrangeur-orchestrateur, fonction qui marque le début de son succès.

L’ouverture de la culture française à des thèmes plus populaires et l’accès répandu de la radio font de cette décennie une époque propice au développement de ses talents de compositeur. C’est pendant cette période qu’il compose « Tout va très bien Madame la Marquise », fredonné par la France entière en 1936 (à la grande surprise de son auteur). Cet air reste à ce jour l’un des plus grands succès des « Collégiens ».

Pendant la seconde guerre mondiale, l’occupation allemande force Paul Misraki, né d’une famille juive, à fuir vers l’Amérique : à Rio de Janeiro au Brésil, à Buenos Aire en Argentine, puis à Hollywood. Il y forge sa réputation de compositeur de musiques de films, une activité qu’il avait déjà initiée en France, tout en travaillant avec Ventura. Il rentre en France à la Libération. Paul Misraki aura composé au total 145 musiques de films des deux côtés de l’Atlantique.

Bien qu’ayant composé le plus souvent les paroles et la musique de ses chansons, il a également travaillé avec des paroliers de talent comme André Hornez, John Hess et Charles Trenet avec qui il a composé plusieurs hits pour des artistes aussi variés que The Starlighters, un groupe américain qui a enregistré une version anglaise de sa chanson argentine « Maria de Bahia » ; Jean Sablon, avec une version française de « Passer » et Yves Montant avec « La Tête à l’Ombre ». Henri Salvador, André Claveau, Suzy Delair, Tino Rossi, Edith Piaf et Juliette Gréco ont notamment interprété ses chansons.

Paul Misraki figure dans un nombre impressionnant de génériques de films, d’abord à Hollywood, puis en France, où il a travaillé avec de nombreux réalisateurs. Il a signé entre autres les bandes originales des « Orgueilleux (Yves Allégret/1953), « Mr Arkadin » (Orson Welles/1955), « Et Dieu créa la femme » (Roger Vadim/1956), « Les Cousins » (Claude Chabrol/1959), « Alphaville » (Jean-Luc Godard/1965), « Le Doulos » (Jean-Pierre Melville/1952) et « La Mort en ce jardin » (Luis Bunuel/1956) ainsi que des films de Jacques Becker.

Romancier et essayiste, il a publié une douzaine de livres, principalement inspirés par sa conversion au catholicisme. Parmi ceux-ci, « La Maison de mon père », livre couronné par l’Académie Française, un essai sur le théologien, paléontologue et philosophe français Pierre Theilhard de Chardin « Pour comprendre Theilhard » et la traduction en français de « La vie après la vie » (« Life after Life ») de Raymond Moody.

De son vivant, Misraki a été nommé Officier des Arts et des Lettres et Chevalier de la Légion d’Honneur.

Paul Misraki décède à Paris en octobre 1998, laissant dans le deuil son épouse et trois enfants.

 

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